Comment faire une négociation entre parties

Avant de rentrer dans le vif de sujet, je me dois de préciser ici, que je vais vous présenter MA façon de communiquer avec plusieurs parties. Pour quoi ? Comment ? Quels Pré-requis ? Quels pièges à éviter ? … Évidemment qu’il existe bien d’autres possibilités et d’autres stratégies et même d’autres interprétations du mécanismes. Il faut bien comprendre que lorsque l’on parle de parties nous parlons d’une théorisation du fonctionnement inconscient parce que cela me semble plus aisé pour nos cerveaux gauches.

Je vous invite à ce sujet à lire, ou re-lire, l’article de Laurent « La Conscience, l’interprète de modules inconscient »

Tout dépend de votre conception de la psychologie et de l’hypnose, mais personnellement j’ai la croyance, fortement influencé par mon parcours, que nous avons en nous une multitude de parties qui composent notre psyché. Nous y sommes chaque jours confronté quand il s’agit de faire des choix aussi anodins soient-ils.

Dois-je manger cet éclair au chocolat ?

  • Partie gourmandise : « oui biensur ! »
  • Partie bien-être « Euh si tu veux éviter d’être en surpoids et galérer dans les escaliers tu devrais t’abstenir! »
  • Partie narcissique « Hum Hum, je te rappelle que tu es déjà un peu juste dans ton jean ! »
  • ⁃ …

Nous sommes perpétuellement en pleine négociation intérieure. Et cela peut être bien plus engageant qu’un simple éclair au chocolat :

Dois-je lâcher mon CDI dans cette grande entreprise pour tout miser sur l’hypnose ?

  • Partie plaisir « Bien sur ! Tu te fais trop ch*** chez X ! »
  • Partie familiale : « Fonce, tes parents seront fier de toi ! »
  • Partie narcissique « Hey ! Ça en jette de dire que tu es payé à aider les gens ! »
  • Partie responsabilité « Euh, je te rappelle que tu as un loyer à payer et un enfant à nourrir! »
  • Partie sécurité/confort « Hey ! C’est quand même pas mal d’avoir des CA, des JTL, une sécu, un CE,…

Des fois la négociation est partiellement consciente et souvent totalement inconsciente.

Du résultat de ses négociations émerge des choix ou des stratégies inconscientes qui peuvent être des sources de troubles.
 Chaque partie aurait plutôt tendance à vouloir fonctionner en solo et à imposer son point de vue au sein de la somme des parties que nous nommerons l’inconscient.

Pour que cela débouche sur des impasses et des symptômes (qui ne sont dans ma conception, que des stratégies inconscientes de stabilisation), il faut que certaines parties soient à priori plus fortes que d’autres pour un sujet donné. Cette pro-éminence sélective dépendra, à mon sens, de beaucoup trop de facteurs pour tenter une explication hésitante et hasardeuse.

Maintenant, quand un client apporte dans votre cabinet un symptôme de dépendance tabagique c’est probablement qu’une ou plusieurs parties ont « voté » en faveur du tabac tandis que les parties santé et sûrement d’autres se sont retrouvées spoliées et n’ont eu comme autre recours que de vous mettre sur le chemin du client.

Là où, heureusement, nous pouvons intervenir, c’est que l’intégralité des parties ont un seul et unique objectif : L’EQUILIBRE DU CLIENT, son HOMEOSTASIE, sa SURVIE pour la pérennité de l’espèce…

A nous d’utiliser cette idée pour mettre tout le monde à table et commencer la négo !

Trêve de théorie, passons au concret :



1 : Transe et Signaling

(voir aussi : Comment installer un signaling puissant en 2 min sans transe et sans induction).

Il n’est pas nécessaire d’obtenir une transe très profonde pour ce travail. Nous ne rentrerons pas dans le débat des profondeurs de transe mais disons que l’esprit conscient peut être bien présent pendant la négociation. Il faudra juste vous assurer qu’il n’interfère pas sur le signaling inconscient.
Personnellement, j’aime beaucoup faire cela avec une transe partielle car j’ai la sensation que cela exalte la portée du travail. Bien souvent, une fois le signaling posé, je laisse même quelques minutes au sujet pour dialoguer seul avec son inconscient : La dissociation est alors amplifiée à son maximum lorsque c’est le sujet qui se pose les questions et son inconscient qui lui répond ! Fascinant !!! Je suis à chaque fois comme un gosse à Disney !

Vous n’avez pas besoin de savoir ce qui se vit à ce moment là. Laissez le client dans son intimité.

2: Le grand meeting

Pour commencer appelez la partie qui vous semble, au vu de l’anamnèse, à l’origine du problème à travailler et demandez lui clairement de définir la réponse « OUI/Accord » puis la réponse « NON/désaccord ».

Ça peut très vite faire séance de spiritisme, alors en fonction de votre sujet, faite bien attention, par vos formulations de phrases, à ne pas tomber dans l’esoterique !  « Inconscient es-tu làaaaaa ?! » lol

Si les réponses tardent à venir ne vous inquiétez pas, c’est parce que vous n’avez pas de guéridon à 3 pieds dans votre cabinet.

Non je déconne ! Il faut juste que vous soyez les premiers convaincus que cela va arriver. Peu importe quand et comment.

Je conseille également de rassurer le conscient pour qu’il arrête d’attendre que cela arrive. Faites monter la curiosité en opposition à l’efficacité qui, il me semble crée une forme de tension contre productive.

Il est également bénéfique de rassurer l’inconscient sur le bien fondé de votre intervention et surtout sur l’idée que nous comprenons bien tout l’intérêt de ce qui a été mis en place par le passé. Que le but ici est seulement de faire différent parce que c’est important pour le conscient.

Si vous n’obtenez pas de signaling c’est que vous êtes nul ! 
Je dé-conne encore !:p

Peut-être que vous ne regardez pas assez bien. Dans ce cas vous pouvez demander à l’inconscient d’amplifier un peu le mouvement pour qu’il soit plus visible à vos yeux.

Il se peut aussi que malgré toute votre intention positive vous n’ayez pas de signaling. Ça n’est pas un problème en soit. Soyez suffisamment flexible pour rebondir sur autre chose comme un conte métaphorique ou quoi que ce soit d’autre. 

Mais si vous avez un signaling clair pour cette partie (que nous nommerons A), c’est assez simple. Faites comme si vous échangiez avec un employé dans une entreprise :

1. Es-tu d’accord pour travailler sur… ? « OUI »
2. Peux tu le faire ? Si « OUI »alors pas besoin d’aller plus loin. Utiliser une approche qui vous convient tel que le recadrage en 6 points ou autre. Si « NON »
3. Demandez si une autre partie concernée l’empêche d’effectuer les changements désirés par le conscient. Pour l’intérêt de l’article nous dirons que la réponse est « OUI » !

Dans ce cas vous reprenez du début avec la nouvelle partie concernée.

C’est à dire que vous remerciez la partie A et vous accueillez la partie B.

Vous redéfinissez les signalings « OUI » /  « NON » qui très souvent sont différents de ceux utilisés par la partie A.

A ce sujet, lorsque je reviens par la suite en communication avec les parties précédentes, je vérifie toujours mes signalings et très entonnement (ou pas ) chaque partie réutilisent presque systématiquement les signalings qu’elles avaient utilisés précédemment. C’est souvent une astuce pour vérifier que l’on est bien en présence de la bonne partie…

Une fois la partie B a accueillit et la communication établie, j’aime personnellement lui offrir l’opportunité de se nommer elle même en donnant des informations à la conscience.

Pour ce faire il suffit de demander à la partie d’envoyer une image, une sensation, ou un stimuli sonore à la conscience.

J’interroge ensuite directement le sujet sur le message qu’il a reçu. 
Si le sujet ne perçoit rien, faites avec ! Cela peut être une protection de l’inconscient qui ne souhaite pas fournir d’information sur cette partie. On peut dans ce cas proposer à la partie de choisir un nom pour elle et si elle est d’accord, je vérifie que son petit nom lui convient ! Nous sommes en bonne compagnie, restons courtois !:p

A partir de là, vous pouvez remonter jusqu’à la partie que j’appelle « Meta » qui pour vous donner une image pourrait être le premier domino de la ligne. Vous le saurez lorsqu’ à la question « Peux tu le faire » la réponse sera « OUI ».

Il ne vous reste plus qu’à suggérer à la partie « Méta » de faire les ajustements nécessaires pour que toutes les autres parties puissent à leur tour être libre d’intervenir à leurs niveaux.

Quand la partie « Meta » me dit que c’est Ok, alors je remonte le fil partie après partie jusqu’à la partie A.

Le plus important dans cette approche, c’est la flexibilité ! Ne vous attendez pas à des réponses toutes faites et évidentes. L’inconscient est toujours plein de surprise !

Si par exemple à la question 3 vous avez encore un « NON ». Demandez vous juste quelle question vous poseriez à cet employé d’entreprise qui est d’accord pour changer, qui ne peut pas le faire, mais dont rien ne l’en empêche… ? Peut-être ne sait il tout simplement pas comment faire. Demandez lui ! S’il vous confirme votre intuition, alors que faire ? Et bien pourquoi ne pas échanger un peu avec la partie créativité ?! 
Il y a, je pense, presque toujours une solution.

J’attire aussi votre attention sur un autre élément important. Ne demandez pas à une partie de faire quelques choses qui n’est pas dans son champ de compétence. Si vous ne savez pas, posez la question tout simplement.
Ex : Si vous demandez à la partie qui gère la FAIM de créer de la satiété il est possible que vous ayez une fin de non recevoir. En effet au mieux la partie FAIM laissera la partie qui gère la SATIETE s’exprimer, mais chacun son boulot ! Je vous donne cet exemple car je l’ai appris à mes dépends en séance :-/ Ce qui nous sauve dans ces moments là c’est notre synchro et notre propre transe, les solutions aux erreurs surgissent alors comme des évidences. L’intuition quoi ! 🙂

Bon je vais vous laisser avec ça, testez, tentez, essayez, échouez, c’est la meilleure façon d’y arriver 😉

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7 commentaires

  1. L’exemple du chocolat me parle car je viens justement de faire une mousse au chocolat 🙂

    C’est clair que nous sommes en perpétuel conflit intérieur. Faut apprendre à se faire confiance et faire taire son mental, ca fait le plus grand bien ^^

  2. Bonjour Romain,
    Tu écris que s’il n’y a pas de signaling visible, « Soyez suffisamment flexible pour rebondir sur autre chose comme un conte métaphorique ». Je ne suis pas sûr de comprendre. En gros si pas de réponse, tu laisses tomber la négociation entre parties et tu racontes un conte métaphorique à la personne pour produire du changement ?
    Ou alors tu utilises un conte métaphorique pour aider la mise en place du signaling ? (si oui, si tu as un exemple je suis preneur !).
    Ou alors c’est encore totalement autre chose.
    Merci pour l’article et pour le site !
    Manu

    1. Bonjour Manu.
      C’est plutôt le premier cas.
      Je ne penses pas qu’il soit possible d’obtenir un signaling fiable dans 100% des cas.
      Dans ce cas l’idée est en effet de partir sur un autre axe de travail. Peu importe ce que c’est…
      J’espère que c’est plus clair pour toi.
      Romain

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