Comment sortir de l'ennui et retrouver la flamme ?

Comment sortir de l’ennui et retrouver la flamme ?

Un partage d’expérience, quelques coachings et une covision récente m’ont rappelé ce sujet pour moi fondamental. Comment garder la flamme dans ce qu’on fait ? Comment éviter de s’ennuyer ?

Beaucoup de praticiens et praticiennes, traversent la vallée de la mort : au bout de 2-3 ans de cabinet ils commencent à s’ennuyer, à avoir envie d’autre chose.

Peu osent en parler car ça n’est pas agréable à dire, et pas forcément bien perçu de dire qu’on s’ennuie à accompagner les autres : ça n’est pas très « bisounours », c’est pas normal d’en avoir marre d’aider les autres, c’est pas bien.

C’est pourtant un processus normal et beaucoup plus fréquent qu’on pourrait le penser.

J’aborde ce sujet assez tôt dans l’évolution des praticiens, car anticiper et reconnaître que ça peut arriver peut radicalement changer la façon de développer son activité et de pratiquer.

La passion c’est beau, ça fait vibrer, ça motive, ça met des lumières dans les yeux mais elle est éphémère.

On cherche alors à retrouver cette flamme du début.

C’est un piège et ça fait chercher au mauvais endroit.

Il y a pour moi 2 étapes majeures à explorer pour sortir de ce cercle vicieux.

1. Trouver son mode de vie

Lorsqu’il s’agit de penser à l’avenir et aux projets, beaucoup vont partir de ce qu’ils veulent faire, puis laissent leur mode de vie et leur qualité de vie être influencés par ces choix.

Je propose d’inverser le paradigme.

Le mode de vie est la façon dont je veux de vivre ma vie au quotidien, et c’est ce choix qui va agir en conséquence sur mes décisions de projets et ce que je décide de faire.

Comment trouver son « mode de vie » ?

Trouver son mode de vie c’est pouvoir répondre de façon alignée à ces questions :

Quel quotidien as-tu envie de vivre ?
Comment se déroule une journée idéale ?
Une semaine idéale ?
Une année idéale ?

Ici beaucoup de gens se font piéger car ils raisonnent de façon contextualisée à ce qu’ils font maintenant.

Ça donne des « j’aimerais avoir X clients par jour, faire 3 jours de cabinet par semaine etc ».

Les réponses sont étriquées par les peurs et les envies du présent, et ça mène au cercle vicieux du « ce que je fais influence mon mode de vie ».

Le mode de vie est déconnecté de « ce que je fais » et tient en 1 ou 2 phrases assez courtes :

Je veux pouvoir travailler 4h par semaine, depuis partout dans le monde, en gagnant bien ma vie.

Mon mode de vie

Ce mode de vie ne convient pas à tout le monde, d’autres ont besoin de plus d’action, d’être entourés de personnes, d’équipe, de groupes. Chacun trouve son mode de vie en fonction de ses valeurs et de ses fonctionnements.

Derrière ce mode de vie il y a des valeurs familiales, des besoins personnels (tranquillité, liberté) et beaucoup de choses, c’est pas juste un concept ou une idée sympa, le « bien gagner ma vie » est un tout petit aspect de ce qui se cache derrière cette phrase.

L’important est de comprendre qu’il n’y a pas de « faire » associé.

C’est un guide qui donne un axe et un chemin dans ce que je souhaite faire, comment je veux le vivre, et comment je vais faire ce que je fais.

Si je devais avoir ce mode de vie en travaillant avec d’autres sujet que l’hypnose et l’accompagnement, ça m’irait très bien.

Trouver son mode de vie demande de poser une vision d’une vie idéale, j’en parle dans ma conférence que tu peux regarder en cliquant ici.

Mais si ce mode de vie me va quelque soit le domaine, pourquoi être dans l’accompagnement, le coaching, l’hypnose etc. ?

Définir son mode de vie n’est que la première étape, la seconde, essentielle, est un axe majeur de connaissance de soi et d’attention à soi.

2. Trouver ses « comment », pas son pourquoi

On entend souvent ici et là qu’il faudrait trouver son pourquoi et se reconnecter à pourquoi on a fait les choses, pour retrouver la motivation, la passion, cette question « C’est quoi ton pourquoi ? »

Trouver son « pourquoi » si cher à Simon Sinek est important, mais beaucoup s’arrêtent là.

Quand on lit Simon Sinek et qu’on fait les exercices qu’il propose, on constate qu’il met aussi beaucoup l’accent sur les comments.

En cherchant son pourquoi et en négligeant ses comments, on sombre vite dans les dérives du neospirituel et du dev perso.

On se retrouve à chercher de « jolis » pourquoi, des pourquoi qui sont trop souvent tournés vers l’extérieur et qui ignorent les leviers internes qui nous animent.

« Pour rendre le monde meilleur. »
« Pour partager et changer le monde. »
« Pour que les gens puissent vivre la vie qu’ils méritent. »

Ouais ouais ça va on a compris, t’es une belle personne et tu veux contribuer à un monde meilleur. Bravo.

Ce « pourquoi » initial souvent mal placé fait que lorsqu’on le perd, on ressent une forme de dépression, une perte de sens, une forme de « à quoi bon ? » qui met à mal nos choix, nos décisions et nos activités au présent.

Trouver ses comment est alors libérateur.

Trouver ses comments c’est répondre à cette question :

Qu’est-ce qui te fait oublier de manger ? De dormir ?

Qu’est-ce qui fait qu’on ne fait plus attention au temps ? Qu’on est tellement absorbés par quelque chose qu’on vit presque en distorsion de temps permanente ?

C’est une question en apparence simple, mais seulement en apparence.

Il s’agit ici de pouvoir regarder dans tes activités tout ce qui fait que le temps passe vite.

Par exemple, j’ai exploré une activité dans la quelle je ne voyais pas le temps passer, et un peu plus loin que juste « ça me détends ».

Pourquoi je ne vois pas le temps passer quand je joue aux jeux vidéos ?

Ça n’est pas parce que je joue ou me détends, c’est parce que dans le fait de jouer, je trouve des choses qui m’animent au plus profond. Et c’est pour ça que sur certains jeux je m’ennuie vite, et sur d’autres, le temps n’existe plus.

Quand je joue, je me passionne pour l’optimisation de mon personnage : je suis dans la quête de l’efficacité, de la simplicité et du pragmatisme.

Je ne cherche pas la meilleure option, je cherche la plus efficace et tenable dans le temps, en situation difficile ou de stress. Je fais des tableaux, je participe à des forums, je fais des guides vidéos.

J’aime transmettre et partager ce que j’ai découvert aux autres pour les aider à mieux jouer eux aussi.

J’aime connaître tout du jeu, ses mécanismes, tous les personnages, toutes les stratégies de combat efficaces. Ça me prends un temps de fou, mais je ne vois pas le temps passer.

Et ces comments, je les retrouve dans mon activité ici, dans la gestion de mon entreprise, dans mes accompagnements : partout.

Je cherche l’efficace, le simple, le pragmatique, je m’intéresse à pleins de choses, j’apprends tous les jours, je transmet, je partage, j’aide les autres à simplifier leur pratiques.

Ces comments, je les ai au quotidien, et quand je fais une covision, un article, je ne vois pas le temps passer.

Y’a pas de pourquoi, y’a que des comments.

Mais c’est plus difficile que ça en a l’air.

Car l’aspect le plus difficile des comments est d’oser se regarder en face et d’aller chercher les comments qui sont pas jolis à dire.

J’aime montrer aux gens qu’ils sont cons.

C’est prétentieux, c’est moche, c’est stupide, mais c’est vrai.

Je le dis de façon cash ici pour que tu comprennes l’idée d’être ok avec le fait que le comment peut être moche à dire et à regarder en face.

En vérité, c’est pas que j’aime montrer aux gens qu’ils sont cons, j’aime montrer que la façon de penser est limitée ou étriquée, j’aime élargir les perspectives.

J’aime ça aussi avec moi, je me questionne beaucoup, je vais chercher la confrontation sur des sujets importants car ça m’aide à changer ma perspective et ma façon de penser.

Ça peut faire de moi quelqu’un de très chiant, d’imbuvable parfois, et un véritable connard.

Mais lorsque je l’ai reconnu, j’ai pu observer ce mécanisme et y faire attention. J’ai pu constater quand il s’exprime de façon perverse, inutile et stupide.

Quand il s’exprime juste parce que ça me fait plaisir de rabaisser l’autre pour me rassurer dans ma pseudo intelligence. Je reconnais l’idiotie du système et ça m’ouvre des portes de travail personnel.

Et lorsque je l’ai reconnu et regardé en face, j’ai aussi vu ce qui était chouette dedans.

Aider les gens à changer de perspective, à voir les choses autrement, à sortir de leur système de pensées qui les limite et les enferme dans leurs problèmes, c’est mon quotidien, c’est mon job, et j’adore ça.

Je sais aujourd’hui lui dire de se taire quand c’est une quête ridicule, et je sais lui laisser la place quand il est au service de quelque chose qui me tient à coeur.

Je sais aussi le laisser s’exprimer lorsqu’il est dur et chiant mais qu’il s’exprime parce que ça touche des valeurs fortes chez moi et que je suis ok avec le fait de les défendre cette façon.

Des comments j’en ai d’autres, j’en partage quelques uns dans ma page qui suis-je, c’est un travail personnel essentiel, qui aligne et ancre dans ce qu’on est, et permet de faire en sorte de retrouver ses comments dans son activité au quotidien, dans son mode de vie.

Si un comment majeur est d’apprendre et découvrir, mais qu’on reste dans sa routine du cabinet au quotidien, ce manque va se faire sentir assez vite…si on aime le groupe, les interactions sociales et créer du lien, probablement que la solitude du cabinet va poser problème à un moment donné. Si on s’est mis dans l’hypnose et l’accompagnement pour se guérir soi et aller mieux…et que ça va mieux, qu’est-ce qu’il reste maintenant ?

Des exemples comme ça de praticiens et praticiennes qui avaient mis de côté leurs comments au profit d’un pourquoi illusoire, en oubliant de se questionner sur leur mode de vie, j’en ai croisé des centaines.

La question qui suit le travail sur les comment devient « Comment trouver dans ce que je fais ces comments ? » et parfois on se rend compte qu’il est temps d’élargir son champ d’activité, de pratiquer différemment, d’avoir d’autres approches, et c’est ok.

Je suis dans ce domaine car c’est le seul que j’ai trouvé qui est « sans fin » dans la satisfaction des mes « comment ». J’ai toujours à apprendre, toujours à me remettre en question, toujours à améliorer, simplifier, adapter, progresser, optimiser. Toujours des « personnages » à découvrir, toujours des choses à partager et transmettre.

Je t’encourage à explorer ton mode de vie idéal, tes comments en profondeur, même les moches et à aller voir ce qu’il y a de chouette dedans.

C’est puissant et libérateur.

Et si tu as des questions, utilise les commentaires 🙂

Penser à partager, merci !

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4 Commentaires

    1. Salut,

      Tu peux lire Simon Sinek et faire ses exercices (dans son 2ème livre je crois). Ou prendre le temps de noter tes activités et ce qui te fait plaisir (même si c’est matter un film ou une série), et explorer dedans ce qui te fait vraiment oublier le temps qui passe.

    2. Merci, c’est vraiment plus clair pour moi. Chercher le pourquoi me semble important parce qu’il met le doigt sur quelque chose d existenciel au 1er abord et le comment permet d’assouvir ce qui nous porte et nous anime. Ce qui est intéressant dans ton discours c’est de pouvoir se demander à partir d’un comportement que l on ce que cela nous procure. Je n’avais pas envisagé cela sous cet aspect. Ce qui finalement déculpabilise aussi (pour ma part) quand j’ai une activité, passe temps qui me semble une perte de temps (minis jeux sur téléphone) comment puis je appliquer ce que cela m’apporte au travers de mes autres activités ? C’est très intéressant. Je joue à aligner des trucs de couleurs alors je serais tenter de dire que c’est pour tromper l’ennui mais finalement je peux aussi me dire que je cherche à évoluer dans ce jeux, que cela est plaisant de changer de niveau et que c’est la même chose pour sa réalisation pro- perso parce que pour moi ça va de paire. Et j’ai bien aimé l’exemple montrer aux autres qu’ils sont cons. Ça ça m’est arrivé plus d’une fois avec un mauvais esprit revanchard… Mais je ne me laisse plus avoir. Accepter de comprendre comment les autres raisonnent du moins différemment de soi c’est aussi très important en tant que praticien

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