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La différence qui fait les différences

L’effet papillon, un simple battement d’ailes qui pourrait déclencher une tornade à l’autre bout du monde. Et si cet effet existe en chacun de nous et que nous savons l’utiliser efficacement ?

Je crois qu’il est important dans une séance de rendre aussi actif la partie consciente que la partie inconsciente, et je pense que certains moments sont opportuns pour cela. Ces moments peuvent apparaître n’importe quand dans une séance : lorsque le sujet remarque une différence, même minime, ou tout simplement en fin de séance (ce que je fais quasiment systématiquement).

La plupart des praticiens connaissent la futurisation : projeter dans le futur le changement de la personne. Au travers du Clean Language de David Grove et des quelques vidéos de James Tripp (Hypnosis Without Trance), j’ai remarqué que quelques questions très simples provoquaient une auto-futurisation de la part du client, de façon très efficace, tout en rendant la conscience et le sujet actif dans celle-ci.

L’objectif est de faire apparaître plus de différences derrière une différence, même minime, au travers de quelques questions “clean”.

Je reprends ici la structure comme reprise par James Tripp dans un de ses posts, car elle est simple et assez claire. La structure est la suivante :

  1. Quoi ?
  2. Et donc ?
  3. Et après ?

Et se décompose de la façon suivante :

1 – Quoi ? Représente la différence

Question : Qu’est ce que vous savez maintenant que vous ne saviez pas avant ?

ou

Question : Qu’est ce que vous remarquez maintenant qui est différent ?

Ecoutez attentivement la réponse, car vous allez la renvoyer comme une balle de ping-pong dans les questions suivantes.

2 – Et donc ? représente ce qui fait la différence

Question : Et quand vous savez <La réponse donnée>, quelle différence cela fait de le savoir ?

ou

Question : Et quand vous remarquez <La réponse donnée>, quelle différence cela fait d’avoir <La réponse donnée> ?

Cette étape peut-être répétée plusieurs fois, jusqu’à ce qu’une toute petite différence devienne un ensemble de différences. En posant ces questions, cela active de nouvelles connexions neuronales, cela ouvre de nouvelles portes et tout un éventail de possibilités, qui vont être utilisés dans l’étape suivante.

3 – Et après ? représente la futurisation

Question : Et quand vous avez tout ça, et que vous l’emmenez avec vous dans le futur, qu’est ce que vous remarquez qui est différent quand vous y pensez maintenant ?

ou

Question : Et quand vous vous avez tout ça, et que vous prenez avec vous ces différences dans une situation, dans les prochains jours, et que vous avez l’occasion de remarquer cette différence, qu’est ce qui est différent pour vous dans cette situation ?

Ces questions transportent la petite différence et l’ensemble des différences qui ont suivi dans un contexte précis de l’objectif de la personne. Elle s’auto-futurise avec ses différences et explique elle-même comment cela va l’aider à changer.

Quelques Exemples

Dans les exemples qui suivent, les tournures de phrases peuvent paraître assez étranges à l’écrit. Imaginez-les avec un ton hypnotique, du saupoudrage, des pauses, de la ratification, l’effet est souvent très hypnotique, et peut même parfois être une induction en soi, très utile dans l’étape de futurisation de la détermination d’objectif, pour ceux qui la pratique.

Ces questions, que j’utilise personnellement assez souvent, étant un grand fan du Clean Language, me servent dans de nombreux contextes. Par exemple, lors d’un travail en sous-modalités ou le client, sceptique, a ressenti une différence dans une sensation, je pourrais continuer comme suit :

Moi : Et quand vous prêtez attention à cette nouvelle sensation, qu’est-ce que vous remarquez de différent ?
Client : Et bien, c’est plus léger
Moi : Et quand vous remarquez que c’est plus léger, quelle différence cela fait quand c’est plus léger  ?
Client : Je me sens mieux, c’est moins présent
Moi : Et quand vous vous sentez mieux, que c’est moins présent…(pause, calibration, ratification si nécessaire)… quelle différence cela fait quand vous vous sentez mieux et que c’est moins présent ?
Client : C’est comme si j’y pense d’une autre façon
Moi : Et quand vous y pensez d’une autre façon, que vous vous sentez mieux, que c’est plus léger, et que vous emmenez tout ça dans une situation où vous remarquez ces différences, ce soir ou dans quelques jours, comment cette situation est différente ?
Client : J’entends les critiques mais elles glissent sur moi, ça parait plus simple, je me sens plus en confiance

Et ensuite je continue à alimenter et à renvoyer ce que m’a dit la personne. D’une sensation modifiée en sous-modalités, la futurisation vers une situation précise se fait toute seule, et le client valide, de fait, que cette petite différence peut engendrer beaucoup de différences, et dans une situation pour laquelle il est venu.

C’est aussi très pratique lorsque vous discutez avec un ami, un proche, et que vous aidez une personne sur le ton de la conversation, en quelques minutes. Dès que la personne remarque une différence, vous pouvez enchainer et l’amplifier, sans projection, sans imposer quoique ce soit, vous utilisez simplement ce qui vient, et vous l’amplifiez. Ces phrases sont des amplificateurs de différences.

En fin de séance, c’est aussi très utile. Par exemple, après le réveil :

Moi : Qu’est ce que vous savez maintenant que vous ne saviez pas avant ?
Client : Je sais que je peux prendre l’avion, je sens que c’est possible
Moi : Et quand vous savez que c’est possible de prendre l’avion, quelle différence cela fait quand vous savez que vous pouvez prendre l’avion ?
Client : Je sens que je vais aller dans un agence de voyage et faire ce voyage que je rêve de faire depuis des années

Etc. C’est, je trouve, une façon d’accompagner le changement dans le futur d’une façon consciente en plus d’un travail fait à un niveau inconscient, et la personne repars avec un “package” de différences qu’elle s’est construite elle-même, ce qui favorise souvent le changement, ce qui rend souvent les personnes passives plus actives dans la démarche, et ça créé un énorme “yes set” du changement.

C’est un peu comme l’effet du “pied dans la porte“, outil de manipulation psychologique, que la personne s’applique à elle-même. Elle accepte une petite différence, pour en accepter une plus importante, et une autre, et une autre, et une autre.

J’écrirai un article à l’occasion sur le Clean Language qui a parfois des effets très surprenants, surtout avec des clients que certains pourraient qualifier de difficiles. En attendant l’article, je vous conseille vivement la lecture de “Des Métaphores Dans La Tête”  de James Lawley, issu du travail de David Grove.

Testez à l’occasion, et donnez m’en des nouvelles.

Si cet article vous a plu, cliquez sur j’aime, et laissez vos commentaires ci-dessous, vos questions, vos remarques, vos feedbacks, c’est toujours intéressant de pouvoir échanger.

 

8 réflexions au sujet de “La différence qui fait les différences”

  1. Superbe article !
    C’est vrai qu’il est intéressant de capitaliser sur un changement pour créer un effet “boule de neige”. Cela permet à la personne de changer de point de vue et d’ouvrir son éventail de possibilité en donnant de la matière.
    C’est comme si le premier changement ouvre la porte. Tes questions permettent de franchir la porte. Ca valide le changement.
    J’aime beaucoup toutes ces astuces conversationnelles. Certains praticiens ne travaillent qu’avec ça d’ailleurs.
    Et personnellement, j’aime bien demander des choses comme : “Quelle nouvelle émotion avez-vous maintenant ?” et “Et quelle personne cela vous permet-il d’être avec cette nouvelle émotion ?”
    Après, si on reste sur la Clean Language pur, j’ai parfois l’impression que c’est artificiel, surtout au niveau de la reformulation.
    Qu’en penses-tu ?
    ps : très joli blog 😉

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  2. Salut Gaetan,

    Merci pour le compliment !

    Je partage ton avis sur le Clean Language, mais je suis “un testeur” en plus d’un lecteur, et j’aime bien tester. Et j’avoue que les résultats sont assez intéressants, surtout combinés avec ce qu’on sait déjà faire.

    Tous ces outils sont intéressants, et je ne pense pas que rester à 100% dans un outil est très efficace, mais prendre un bout de ci, un bout de ça, l’adapter et jouer avec est assez fantastique.

    Le Clean Language avec des grosses ref interne en tri sur eux est assez fantastique.

    Je ferai un article spécifique dessus, avec les quelques phrases clés que j’ai trouvé utile dans la pratique,

    Bises

    Répondre
  3. Alors là Laurent, après avoir lu ton article et une “lecture compulsive” du bouquin “Des métaphores dans la tête”, j’ai l’impression de mettre des mots sur certaines manière de communiquer qui parfois me faisait défaut, alors qu’à d’autres moments, la magie opérait.
    Je redécouvre une manière de gagner du temps pour la personne et qui offre une position basse intéressante tout en permettant à la personne elle même de trouver ses réponses. Bien que j’ai du mal à m’imaginer faire toute une séance sur la formule “Et….Et tandis que…d’où pourrait venir…”, cette manière d’aider le sujet à avoir accès à ses représentations me plait beaucoup. D’un coup, comme ça, j’ai dans l’idée que sur les réf inté, ça peut être ultra efficace. Comme sur le linéaire, Whaou! le décalage d’état de conscience que ça provoque. Ou même sur les passifs, vu qu’on reprend leur mots, ils finissent bien par apporter de l’eau au moulin et donner du moudre à graindre
    Je pense qu’un travail en sous groupe la dessus pourrait être intéressant. Tout le monde se rendrait compte que ça fait déjà parti de nos outils, et alors on pourrait le revisiter d’après nos expériences.
    Cependant, il y a un hic…un risque qui pourrait être l’hyper adaptabilité et le caractère utilisationnel du praticien qu’elle requiert :

    “Et…y a t il autre chose à propos de…”
    “NON”
    …Bon, on revient en arrière…
    Le Clean Langage peut être utile pendant nos accompagnements lorsque le praticien se “retire” pour laisser plus de place au sujet, RHV, ligne du temps, regression,….et tant d’autres où avec nos questions Clean, on est au plus proche de l’accompagnement d’une personne. On est clean et on est là.
    En conclusion, merci, tu m’as donné l’occasion d’avoir milles idées supplémentaires dans ma tête alors que je n’ai pas encore suffisamment de clients pour tester les 10 000 premières.

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    • Merci pour le feedback ! C’est vrai que c’est un outil utile à intégrer je trouve 🙂 Sur le non, pousser le truc à l’extrème est parfois amusant.

      “non”, et quand “non” etc. donne parfois des réponses amusante 😉

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