Ignorer le symptôme en une question

et commencer le travail en 3

Longtemps que je n’avais pas écrit sur le blog et ça faisait pourtant un petit moment que j’avais envie d’écrire cet article assez court sur une question que j’ai beaucoup testé en séance et qui s’avère, pour moi en tout cas, très efficace.

Ignorer le symptôme en 1 question

La demande ou le problème ne sont souvent qu’un symptôme

Comme je le dis souvent, ce qu’amène la personne dans la séance, que ce soit le tabac, le poids, le stress, le manque de confiance ou que sais-je encore n’est souvent que le symptôme de quelque chose qui le créé ou le maintiens, et j’ai la croyance que c’est sur aspect que le travail se fait, pas sur le symptôme, ce qui créé un effet pansement, toutefois parfois très utile.

Je reçois en séance une personne, un être à part entière, unique, pas un problème, pas un symptôme. C’est sur l’être que je travaille avec la personne. Le symptôme est intéressant car c’est en partie ce qui amène la personne en séance, elle en a marre, elle n’en peut plus et voudrait que cela change. On y trouve la motivation, l’envie, le point de bascule du changement. C’est pour moi sa seule utilité.

Mais il n’est pas toujours facile d’approcher les choses sous cet angle, beaucoup de clients veulent le « truc magique », le pansement. Soit. Très bien. Respecter la demande, ok. Respecter ce à quoi on croit et son style comme thérapeute est important aussi, c’est ce que je fais et comme ça que je communique.

Poser des questions n’est pas forcément utile, l’inconscient sait, et comme déjà évoqué de nombreuses fois ici et en formation, tester des séances sans anamnèse, sans DO est une excellente façon de se rendre compte que les gens « savent ».

Mais je crois à l’importance de la création du lien, de la prise du conscience, qui favorise le changement et les croyances positives sur celui-ci.

J’écris j’écris mais vous attendez la question hein ? 🙂

La question « magique »

Une seule question qui peut faire gagner énormément de temps sur une anamnèse ou une DO, la voici :

« Si vous n’aviez pas ce problème mais que vous veniez quand même travailler en séance sur vous, pour améliorer ou changer quelque chose, ça serait quoi ? »

Toutes les réponses sont pertinentes et particulièrement intéressantes, même le « je ne sais pas », même le « sur rien tout va super sinon ». Je ne crois pas au « je ne sais pas », et vous pouvez écouter mon podcast sur ce sujet, et je ne crois pas non plus que lorsqu’on vient consulter un hypnothérapeute, que « tout va super », même sans le symptôme. Mais ça c’est moi.

Quelques exemples du symptôme amené et de la réponse donnée à cette question, je vous laisse juge de l’utilité de cette question, et je ne peux que vous encourager à la tester.

  • Problématique : tabac, réponse : mon hyper-anxiété
  • Problématique : poids, réponse : mon manque affectif et ce vide en moi
  • Problématique : sommeil, réponse : mon stress, surtout au travail
  • Problématique : rapport aux femmes (pour un homme), réponse : ma relation fusionnelle avec ma mère
  • Problématique : angoisses, réponse : ma peur de l’avenir

C’est une question que je pose quasiment systématiquement maintenant, et j’en pose deux autres derrière, deux questions fermées qui laissent libre la personne de répondre non.

Faites-vous un lien entre votre <réponse> et votre <problématique> ?

Je n’ai jamais eu de non à celle-ci.

et la dernière :

Pensez-vous qu’en travaillant dans cette séance sur <réponse>, <problématique> partira ?

Je n’ai jamais eu de non à celle-ci non plus, ce qui forme une énorme auto-suggestion positive pour la personne et garde le lien entre le travail de fond, et la problématique.

Ce questionnement très simple ouvre de nombreuses portes de travail, renforce et désactive de nombreuses croyances parfois limitantes sur ce qui peut se faire pendant une séance d’hypnose.

Testez si vous vous en sentez l’envie et racontez-moi tout ça dans les commentaires ?

A très vite,

PS : grâce aux échanges sur le groupe Hypnose de Facebook, Jean-Emmanuel Combe de Street Hypnose nous a partagé une question pertinente sur ce thème qui amène un autre type de réponse, tout aussi intéressant, plus lié à l’écologie du symptôme qu’à la « cause » du symptôme. Axe de travail à combiner, l’écologie maintenant souvent le problème. Voici la question :

Si vous aviez une baguette magique vous permettant de faire disparaître votre problème instantanément, qu’est-ce qui ferait que vous pourriez avoir du mal à vous en séparer ?

Je me réserve le droit de ne pas valider ou supprimer les commentaires qui seraient hors-sujet ou inappropriés.

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16 commentaires sur “Ignorer le symptôme en une question

  1. Le symptôme n’est pas le problème. Je partage tout à fait cette vision et je travaille aussi en ce sens mais je ne l’avais pas formalisé par une question aussi standardisée. Merci pour le partage. Je fais le lien avec le livre de Marie Cardinal sur cette patiente qui entame une psychanalyse car elle a des saignements et le psy de répondre « je n’en ai rien à faire de vos saignements ! Parlez moi de quelque chose de plus interessant ! » Et les saignements cessent.

    • J’approuve, ce post s’apparente à la posture des psychanalystes qui ne se focalisent pas sur le symptôme. Et le livre de Marie Cardinal « Les mots pour le dire » est une beau témoignage

  2. Intéressant et tout à fait en phase avec ce qu’une bonne DO devrait faire remonter à la surface. Je termine actuellement ma formation de maître-praticien en HE et mon mémoire traite de cet aspect-là : « Le symptôme m’a dit … que veut l’homme? » Intéressé d’avoir votre retour d’expérience à ce sujet.

  3. J’avais noté (en rouge !) la première question, lors d’une formation avec toi. 😀

    Elle permet de « décaler » pas mal le client qui s’attent à travailler sur son symptôme, sur sa demande.
    Cette première question lui permet de comprendre que sa demande ne sera pas forcément abordée « de front » et qu’un travail en lien avec autre chose de plus profond, est possible, sans doute plus utile pour aller vers ce qu’il veut vraiment.

    Quand aux deux questions qui suivent, j’y vois l’occasion « d’enfoncer le clou » (;-)) en laissant le choix au client de travailler sur ce qu’il veut… tout en gardant un bon leading 😉
    Un bon exemple de comment : 1) Rejoindre, 2) Regarder (? pas sur du terme exact pour celui-là !), 3) Accompagner.

    Merci encore pour cet article, vivement les suivants !

  4. Intéressant en effet cette DO, ce que je trouve plus délicat à appréhender, ce sont les addictions, comme l’arrêt de tabac par exemple car les symptômes peuvent être multiples. Pour le reste, je trouve qu’il est assez facile de manipuler l’inconscient.

  5. Merci Laurent
    Cela confirme la manière que j avais d amener le questionnement .

    A la différence près que la première question  » magique  » je ne l amenais pas comme ça.

    La tienne est plus directe à mon sens

    J amenais les choses avec : problème sommeil > à cause de quoi il y avait problème .

    Et souvent je pose plusieurs  » à cause de quoi cela avait permis de s installer  »

    Je ne sais pas ce que tu en penses d ailleurs de cette formule ?

    • Comme déjà évoqué ici et là, pour moi tant que la question reste liée au problème ou à la demande, il y a « perturbation » dans les réponses, et beaucoup de mental. La question que je propose permet de mettre de côté une grande partie de ce mental et la réponse qui vient est souvent « pure ». A cause de quoi X ? fait chercher mentalement, mais l’enchainement de question est certainement très efficace 🙂

    • Mon avis Robin: connaître le pourquoi n’est pas utile.
      C’est plutôt le comment il s’est installé/est installé/et ce que vous faites pour l’y laisser installé et/ou pour essayer de le faire partir et qui ne marche pas, qui est la question utile.

  6. Merci Laurent pour cette question magique. Je viens de l’utiliser dans le cadre de l’ostéopathie avec une patiente qui vient pour des douleurs cervicales et le présupposé qu’il y a autre chose derrière est formidable: l’émotion est tout de suite là. La séance à été tellement plus simple ensuite et en plus de ça, elle va revenir pour de l’hypnose!! je kifff!!
    Merci encore pour la transmission

  7. Les mots des maux. Je viens de lire plusieurs définitions dictionnaires du mot ‘Symptôme’ . Cela m’a aidé à entrer plus en phase avec tes propos; car j’ai ce ‘pli’ de vérifier si je suis bien sur la même longueur d’onde avec l’idée que présente le propos.
    La question que l’on peut retrouver en coaching pnl et qui permet une exploration moins limitée. Une bonne idée qui calme l’envie de satisfaire trop rapidement à la demande tout en respectant la demande. Dans la systémique de G.Bateson (Palo Alto) problème ou symptôme: Problème= écart par rapport à une norme individuelle; Symptôme= écart par rapport à une norme sociale. D’où tes questions très utiles qui permettent d’identifier la lecture qu’en fait l’être qui consulte et d’établir, dans son choix de réponse, une transaction qui satisfait tant à l’être qu’à son interlocuteur.

  8. Bonjour, merci pour ces astuces ! J’adore les astuces qui nous facilitent la vie !
    J’en ai une à partager avec vous aussi qui est de doubler le verbe dans la question, pour poser une question puissante.
    Ca marche particulièrement bien quand vous reprenez le mot de la personne.

    Par exemple une personne me dit « je n’arrive jamais à prendre de décision, je pèse le pour et le contre et je ne m’en sors pas.
    – Et qu’est ce qui te pèse quand tu pèses le pour et le contre ?

    ou une personne qui a peur tout le temps pour ces enfants :
    – Et de quoi as-tu peur quand tu as peur pour tes enfants ?

    Ca leur demande de s’extraire et de prendre du recul sur ce qu’ils font ou disent faire.