Émancipation de l’âme – par Dorian Bertin

Mon fils de 16 ans a écrit ce texte, il écrit depuis qu’il a 11 ans et je me demande à chaque fois où il va chercher tout ça. J’ai décidé de vous partager ce texte que je trouve chouette et qui résume étonnamment bien ma façon de voir le changement et le travail.

Emancipation de l'âme

Dorian a tendance à se trouver nul, pas assez bien et trouve que ses écrits sont pas toujours terribles, si le coeur vous dit de laisser quelques mots d’encouragement, ça fait toujours plaisir.

Émancipation de l’âme – par Dorian Bertin

Nous allons procéder à un exercice d’imagination.

Imaginez-vous vous lever le matin. Vous ouvrez les volets, ou les rideaux selon l’endroit ou vous vivez et vous voyez le Soleil se lever. Nous sommes au printemps. Vous entendez les oiseaux chanter et vous sentez l’air frais de la rosée combiné au souffle de la vie sur vos joues. Ce moment sera un des rares de votre journée où vous pourrez profiter d’un telle euphorie.

Ensuite, imaginez-vous en train de partir au travail. Vous prenez vos clés, vos affaires, vous fermez la porte puis vous prenez les transports en commun, la voiture, le vélo ou autre…

Puis, vous arrivez à votre lieu de travail. Désormais, c’est là que les choses se corsent.

Vous sentez une pression tout autour de vous, comme un vêtement trop petit alors que vous ne sentez rien de si étouffant sur votre peau. Pourtant, il y a bien quelque chose qui serre, et cette chose, c’est votre âme qui essaie de se libérer de l'emprise que vous exercez sur elle.

Vous vous dites : « Non, ne sort pas ! Tu ne corresponds pas à leurs attentes, à leur monde ! Tu ne seras pas acceptée ! Reste cachée, tu ne fais que compliquer les choses ! »

Alors votre âme obéit à ce que votre esprit lui commande. En contrepartie, puisque c’est votre âme qui détermine qui vous êtes et votre personnalité, vous vous sentez perdu et confus sans elle. Vous jouez un rôle que vous ne savez pas jouer. Et petit à petit, ce rôle devient une habitude que vous prenez sans même vous en rendre compte et dont vous n’arrivez plus à vous échapper.

Cette manière d’être vous suit encore plus que votre ombre.

Encore, cette dernière se dissipe lorsque vous êtes sous l’ombre de quelqu’un ou de quelque chose de plus grand.

Restons-en sur cette comparaison avec votre ombre.

Le soir, au coucher du Soleil, les ombres sont déformées et plus étirées, cela entraîne une déformation de votre forme physique réelle. C’est exactement ce qu’il se produit lorsque vous arrivez au travail, avec vos amis et vos collègues ou vous n’arrivez souvent pas à montrer votre vrai visage, votre face cachée. Vous n’êtes plus que l’ombre de vous-même. Vous n’êtes qu’une mutation de votre âme, qu’une illusion. Vous êtes tel le comédien qui fait le clown mais qui en réalité n’a rien d’un clown.

De plus, vous ne montrez que quelque chose de simple, de facile à comprendre car vous pensez que votre âme ne peut être comprise par vos congénères. L’idée de l’ombre correspond parfaitement à cela car vous ne montrez qu’une seule face de vous-même, donc qu’une seule couleur. Vous voyez vos ombres de la couleur noire. C’est la seule que vous montrez aux autres, et c’est la plus sombre et c’est la moins riche.

Vous avez toutes celles de l’Arc-en-Ciel à votre disposition mais vous demeurez incapables de les montrer, vous craignez alors que votre extravagance et votre originalité choquent les autres et qu’ils ne les comprennent pas en les réfutant, ce qui suscite le mépris et la peur… La peur du nouveau, la peur des différences, la peur de la variété (des couleurs et donc des caractères, des différentes faces d’une personne), de l’originalité, de l’individualité.

Pourtant, n’oubliez pas que ce qui vous fait vous est votre âme. Elle est la seule capable de vous faire sentir épanoui à cent pour cent. Vous refusez constamment son aide en ne montrant qu’un visage noir sans sourire ni yeux, ni signification, pour résumer : une simple et dérisoire ombre.

Et c’est alors que durant toute votre journée au travail, vous vous sentez de moins en moins bien. Vous disparaissez peu à peu de vous-même. Votre âme semble s’endormir au profit d’une autre qui vient la corrompre.

Rousseau, célèbre écrivain et philosophe du XVIIIème siècle a une fois dit : « L’Homme est naturellement bon mais il est corrompu par la Société » (la citation peut s’avérer inexacte selon les sources mais l’idée est là). Je partage son avis dans le sens où lorsque l’on observe un bébé, il ne sait que rire ou pleurer, lorsqu’on le fait pleurer, il finit par oublier puis il recommence à rire. Il ne naît pas raciste, ni homophobe, et il naît indépendant de toute religion (bien que la pratique d’une religion ne soit pas perçu comme quelque chose de négatif tant que la personne pratiquante n’impose pas ses croyances aux autres et qu’elle ne se détruit pas elle-même en se privant de choses qu’elle aime que sa religion lui priverait).

Effectivement, il est vrai que la Société corrompt l’Homme.

Petit à petit, les bébés commencent à dépendre de leurs aînés, ils copient leurs parents (en répétant les mots, ou en devenant violents si leurs parents l’ont été par exemple).

Quand ils grandissent, ils sont influencés par leurs amis, les jeux auxquels ils jouent, leurs activités, ce qu’ils lisent, en gros : tout.

La vie en Société a permis aux hommes de s’unir et de s’élever au-dessus des autres espèces animales.

Cependant, elle a des contraintes. Contrairement à Rousseau, Aristote, philosophe grec du IVème siècle avant J-C avait dit : « l’Homme est un animal politique ». Ici, « politique » a un sens différent. En effet, venant de πολις (polis, en grec) qui signifie la cité, le mot « politique » ici parle de tout ce qui concerne le citoyen vivant dans une cité (les cités grecques antiques de la mythologie grecque). Aristote prône alors l’idée que l’Homme ne vit pas seul comme un ours mais qu’il a été préconçu afin de vivre en Société, parmi ses congénères.

J’adhère personnellement aux deux citations (celles de Rousseau et d’Aristote) bien que je sois plus du côté de Rousseau. Je pense qu’à partir du moment où l’Homme sera capable de vivre en Société tout en ne laissant pas cette dernière corrompre l’individualité de chaque individu, l’Humanité aura fait un grand pas.

S’épanouir soi-même aide les autres à s’épanouir. Fréquenter des personnes négatives et décourageantes vous découragera et vous rendra négatif.

En revanche, cette contamination sociale pourrait très bien s’avérer être la clé pour notre bonheur individuel : fréquenter des personnes respirant la joie de vivre et l’espoir vous emplira d’espoir tout en vous insufflant une félicité à son paroxysme.

Comprenez donc bien que vos fréquentations sont le cœur de votre vie. Elles permettront à votre âme de mieux s’épanouir comme elle est si elle fréquente des individus ayant les mêmes caractéristiques.

Revenons-en à notre histoire au travail.

Quelques heures avant de quitter votre lieu de travail, vous sentez votre âme pénétrer votre cœur à travers votre sang. Vous la sentez le faire grossir. Et vous comprenez qu’elle désire s’évader de sa prison. Vous dénotez son besoin d’être expulsée. Comme la colère… comme la tristesse et même la joie et l’amour, les émotions tout comme votre véritable identité ne peuvent être contenues.

Lorsque vous quittez le travail et que vous rentrez chez vous, vous vous sentez soulagé mais vous sentez toujours votre âme serrer votre cœur. C’est parce que l’influence que la Société exerce sur vous est tellement forte que même après avoir parlé avec d’autres individus, vous demeurez corrompu.

Pour vous purifiez et donner à votre âme l’émancipation qu’elle mérite, sortez dehors, dans un endroit calme, assez chaud, illuminé par le soleil et le ciel dans la nature.

Asseyez-vous en lotus dans une plaine aux hautes herbes fraîches et utilisez la clé qui est vous-même afin d’ouvrir la porte blindée qui empêche votre âme de rejoindre votre cœur gelé par la Société.

Ce que vous comprendrez lors de cette épanouissement au paroxysme de votre enthousiasme, c’est que libérer votre âme est comme sortir la tête de l’eau après avoir retenu votre souffle très longtemps dans un lac sombre et gelé.

Pour vous figurer cette idée d’émancipation de votre âme, imaginez une personne resplendissante de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel qui sortent de son cœur tels des feux d’artifices et des rubans pittoresques.

Fermez les yeux lorsque vous effectuez cette opération.

Se libérer de l’entrave de la Société est difficile mais pas impossible.

C’est comme essayer de se libérer d’une cage en plomb au fond d’une piscine.

Ce que vous ne voyez pas et qui reste le plus difficile à voir, c’est la clé qui est à vos pieds, dans votre poche, ou pire encore dans la poignée de la porte sur laquelle vous forcez depuis des années.

Et une fois que vous aurez enfin ouvert cette porte…

Vous pourrez enfin respirer l’air pur que votre âme libérée aura à vous offrir.

Pour mieux vous éclairer sur cette idée d’émancipation de l’âme, je vous avise à regarder et à écouter le clip « Fireworks » de Katty Perry. Il illustre parfaitement cette idée-là.

Je me réserve le droit de ne pas valider ou supprimer les commentaires qui seraient hors-sujet ou inappropriés.

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14 commentaires sur “Émancipation de l’âme – par Dorian Bertin

  1. Un grand bravo à Dorian ! Ce texte est vraiment magnifique! Il peut être fier de lui et toi de lui!
    Serait-il sur les traces de son père ?! Ou bien ce talent est il de famille ?! 😉
    En tous cas vraiment waouw!! Dis à Dorian d’écouter ce qui l’inspire car ça donne de très belles choses! Et la petite voix à l’intérieur peut être rassurée et changer de discours pour plus de confiance ! 😉
    Encore bravo à lui ! 👏👏👏

  2. Bonsoir Dorian et Laurent,

    Le thème évoqué est centrale dans la vie et, ici, traité de manière à la fois originale et familière.
    Bravo.
    Lecture et écriture sont des occupations bon marchées:
    Chaque village a sa bibliothèque et un cahier et un stylo ouvrent tous les mondes a des gens de talents comme toi.
    Si tu as le sentiment de ne pas être au top, sers toi de ça comme d’un levier pour bosser.
    Beaucoup de génies l’ont dit :’Du travail, du travail et encore du travail.’

    à te re-lire bientôt, peut-être sur ton propre blog…

    Daniel des Alpes

  3. Magnifique. Très humain et empathique.
    Une très grande culture philosophique et beaucoup de vocabulaire.
    Et réussir à citer Rousseau, Aristote et Katy Perry dans le même texte, il fallait le faire 😀
    Alors continue à douter de toi parce que pour l’instant ça te réussit plutôt bien 😁

  4. Je trouve ce texte d une finesse, d une intelligence et d une verité rare…difficile de se dire que son auteur n a que 16 ans..on ne peut que vs encourager à écrire encore et encore et s en rejouir. Bravo..

  5. Super Dorian
    Tu vas vite prendre la relève de ton père … ou bosser avec lui peut être …
    En tout cas tu peux avoir confiance en toi car, indépendamment de ton âge, tu as une très belle plume.
    As-tu déjà pensé à intégrer cette compétence dans ton plan de carrière ?

  6. et bien que ça fait du bien de lire toutes ces belles lignes!!!!!!!!!!!!!!!j’en attends d’autre tant cela est juste, vrai agréable .
    mon âme est bien heureuse de cette vérité, enfin elle se sent entendue et ne désepère plus que je la libère.
    Merci beaucoup Dorian et félicitations, j’aime beaucoup. ……….vite la suite.

  7. Magnifique ! Quelle fierté pour toi Laurent en lisant ce texte de ton fils ! Une belle leçon , des phrases justes pour décrire , et si bien , que nous avons en chacun de nous nos propres possibilités d épanouissement , de libération, de changement face à ce qui nous façonne !
    Une image si poétique de nos ressources !
    bravo Dorian ! Je suis très touchée par tes mots
    Au plaisir de te lire à nouveau

  8. Dorian, du haut de tes 16 ans, tu es profondément inspirant.. et je te dis ça du haut de mes 37 piges 😉
    Merci pour ce moment ! Et continue à écrire surtout !

  9. Merci Florian.
    Le talent n’attend pas le nombre des années !! Je vois exactement ce dont vous parlez et pensais poster en commentaire le lien de Firework pour découvrir avec amusement votre dernier paragraphe. Je regarde de temps à autre avec mes enfants (de 8 et 9 ans) Firework pour leur laisser une petite graine positive qu’ils arrosent régulièrement en les encourageant à écouter ce que leur âme souhaite. Merci pour ces mots parfaitement choisis qui m’ont fait me rappeler ce qu’était ma vie avant lorsque l’on m’avait sociabilisé.

  10. Une belle et jeune âme se cache derrière une telle sensibilité et profondeur…
    Bravo et surtout merci Dorian pour ce partage si inspirant!

  11. Et puis, on sent bien que ce n’est pas du Laurent ! Au moins y’a de la poésie.

    Oh ça va Laurent, j’adore ce que tu fais aussi.

    Du propre style made by Dorian ! Well done. Très jolies metaphores multiples … limite histoires encastrées.

    Tu promets, mec !
    Mais bon tu n’auras pas le courage de me croire … gniark gniark gniark 😉. Défi con … tu le relèves ?

  12. Faire son bonheur et l’offrir aux autres ! Merci Dorian pour ce beau texte qui m’a autorisé à m’evader du roron du quotidien….Belle journée.

  13. Quand un jeune est aussi brillant que vous l’êtes,
    je lui souhaite de l’être encore à l’âge adulte,
    je lui souhaite longue vie avec son âme.
    Merci pour votre partage.